Randonnée Boréon Pas de Ladres Madone de Fenestres

Avec une neige persistante, la saison des bivouacs dans le Mercantour traîne à démarrer, mais je me lance en planifiant une petite boucle de week-end au départ du Boréon, et un bivouac au lac de Trecolpas.

Départ tardif du Boréon, vers midi (j’avais anticipé une petite journée le samedi). La météo est favorable et je me protège du soleil, les premières sorties sont souvent les plus douloureuses ! La première partie de cette randonnée remonte le cours du Boréon (la rivière) en passant devant vacheries et cascades. Le sentier suit majoritairement le tracé du GR52.

Les cascades le long du Boréon

Il commence ensuite à monter plus sérieusement, en direction du lac de Trecolpas et du refuge de la Cougourde. Je quitte le GR temporairement pour faire la petite boucle vers le refuge, j’y fais une pause, puis je rejoins à nouveau le sentier du GR avant d’arriver au lac.

Panoramique depuis le refuge de la Cougourde

Celui-ci est encore bien pris par la glace et la neige est omniprésente à partir de là. Je trouve une zone plane et dégagée sur le promontoire rocheux au bord du lac. Je décide de m’y installer. Il est encore trop tôt pour monter la tente alors je fais un petit tour et j’essaye de photographier chamois et marmottes. Le temps est menaçant, les nuages sont bas et changent vite, alors je monte finalement la tente. Il est encore un peu tôt mais bon, on est pas tout à fait en saison, il n’y a personne, et je préfère m’assurer que mes affaires sont au sec.

Ma chambre ce soir

Je vais avoir quelques difficultés à planter mes sardines sur ce bloc rocheux mais à force de patience je vais m’en sortir. Une famille arrive au lac et s’installe sur le promontoire près du goulot de sortie en aval. Ils ne traînent pas non plus pour monter leur tente.

Je me prépare des œufs brouillés aux oignons pour le dîner (repas de rando déshydraté). Encore une fois je suis déçu, malgré mes efforts, tout n’est pas hydraté uniformément. Je testerai directement dans mon réchaud la prochaine fois, mais je dois dire que c’était nettement plus facile de s’alimenter en bivouac aux USA. Je ne traîne pas et me couche à 19h et des poussières. Quel plaisir de retrouver mon sac de couchage ! Je frétille à l’idée de dormir au bruit de l’eau et de la brise. Cette berceuse est des plus efficaces, et je suis déjà en train de ronfler après quelques minutes. Un père et son fils passent par là à ce moment, cherchant un bon spot pour leur tente. Ils s’installeront en contrebas de mon rocher.

La nuit va être des plus agréables. La température est en nette baisse mais il ne gèle pas. Le ciel s’est dégagé dans la soirée et les réveils nocturnes me laissent entrevoir les étoiles. Je sortirais bien tenter quelques photos, mais je suis tellement bien dans mon duvet, que je suis incapable de bouger. La nuit se poursuit dans la plus grande tranquillité.

A cinq heures, il fait déjà bien jour, et l’heure de mon coucher remonte à loin. Je ne résiste donc pas longtemps et m’habille. Je sors et commence à tout ranger, avant de me préparer mon petit déjeuner… sans café ! J’ai oublié mes dosettes de café ! La première épreuve de ce dimanche sera donc psychologique.

Un matin comme on les aime

Une fois paré, je me remets en route. Direction, le Pas de Ladres, au-dessus, dans la brume. Vue la neige omniprésente à partir du lac, je chausse mes microspikes. C’est un très bon choix, la progression sur la neige dure du matin est grandement facilitée. La vue se dégage bien à l’approche du col, et j’en profite pour faire quelques photos. La pente se radicalise aussi et je suis obligé d’être plus prudent pour ne pas glisser, malgré les mini crampons.

La combe de Trecolpas

Mes efforts sont récompensés peu avant neuf heures lorsque je franchis le Pas de Ladres, et que je peux enfin jouir de la vue sur l’autre versant.

Panoramique depuis le Pas de Ladres

Je savoure l’instant, et après une rapide analyse du terrain (de la neige partout) je m’engage dans la descente. La tentation est grande de me faire une petite glissade, d’autant plus que la neige est plus molle sur ce versant, exposé au soleil bien plus tôt. Peut être plus tard, plus bas. Le souvenir de ma mésaventure il y a un an dans ma descente de la baisse du Basto calme mes ardeurs !

Les cimes sur l’autre versant

La descente est des plus agréable et je me laisse finalement aller à une petite glissade (les jambes bien relevées !) et je rejoins enfin le sentier en dur, plus très loin de la Madone de Fenestres. Je déchausse mes microspikes. Je croise des chamois et les premiers randonneurs depuis mon départ ce matin. Il y a encore deux névés avant d’arriver à la Madone. Le dernier est assez stressant car très en dévers, mais en faisant attention à assurer chacun de mes pas, j’avance sans soucis. Je passe la Madone à dix heures mais je ne m’arrête pas, je reprends le sentier au bout de la route en direction de la cime du Pisset.

La première partie est franchement raide et éprouvante, surtout que je n’ai pas eu droit à mon café ce matin ! A mi-chemin, le sentier se calme un peu et avance presque en courbe de niveau jusqu’au sommet. J’y fais un petit break avant de commencer la descente en direction du Boréon. A la bifurcation suivante, je continue en courbe de niveau à travers la forêt, plutôt que descendre à la vacherie. C’est joli, ça change d’ambiance !

Dans la forêt du Boréon

Au bout de ce chemin, je descends en direction du lac du Boréon. Là encore, c’est bien raide, et je me casse les jambes déjà bien fatiguées dans cette descente, tellement elle est crispante. Je résiste tant bien que mal et accompagne la pente autant que je peux, et j’arrive au lac, dans la douleur. Mes étirements n’y changeront rien, je vais garder de belles crispations aux quadriceps quelques jours, mais cette jolie balade en valait bien la peine !

Le tracé

Distance totale: 21.93 km
Altitude maximum: 2435 m
Altitude minimum: 1478 m
Denivelé total positif : 1801 m
Denivelé total négatif: -1801 m
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