Corse, Mare a Mare sud, Octobre 2010

C’est en octobre 2010 que nous avons parcouru le sentier du Mare a Mare sud, en Corse. Reliefs, forêts, crêtes, Aiguilles de Bavella, et châtaignes ont accompagné notre premier grand périple pédestre.

Récit de Laëtitia, photos communes.

Jour 0, le 3 octobre – départ

Embarqués à 00h14 le 4/11, avec une heure de retard! On est confiants qu’il rattrapera son retard dans la nuit. La cabine est super! Vite on pose les affaires et on va sur le pont!

00h52 La passerelle est remontée… Go! On voit Saint-Mandrier… Daddy, tu nous vois?!!! Oui oui, c’est nous les silhouettes du dernier hublot sur le pont arrière! Un café un coca sur le pont giflés par le vent…

01h19 Retour à la cabine, douche, dodo!!

06h04 Bon, dure la nuit! Beaucoup bougé en mer, le lit d’appoint au dessus d’Olive qui grince…. le lit des voisins aussi!! Allez café sur le pont pour voir le jour qui se lève.
La côte qui se détache petit à petit des nuages grâce au soleil qui se lève… Comme c’est beau. Temps nuageux!

07h50 Rassemblement des affaires, on quitte la cabine. Pas de temps à perdre, avec le mauvais temps on n’a pas tant rattrapé notre retard finalement… Le bus pour Porto-Vecchio est à 8h30. Vite!!!

Jour 1 , le 4 octobre – Déception et errance

Débarqués à 8h30 et « quelques ». Des « quelques » qui malheureusement nous auront fait rater notre bus pour Porto-Vecchio… Quand est le prochain? 16h30, pour une arrivée là-bas à 19h30… Notre premier jour de marche est foutu. Une étape grillée. Déception, pas le moral, et préoccupation. Comment sera-t-il possible de rattraper ce retard? Où dormir, que faire en arrivant si tard à Porto-Vecchio…? On achète les billets et on laisse les sacs au guichet de la compagnie de bus dans la gare maritime. Puis on va boire un café pour réfléchir.

11h02 Retour à la gare maritime. Pas rassurée dans cette ambiance de loose, manquerait plus qu’on perde nos sacs! On prétexte d’un truc pour les récupérer. Appel de l’Office du Tourisme de Porto-Vecchio pour se renseigner pour la nuit. Je raccroche, Olive est en train de regarder fixement vers les guichets de compagnies de bus. Il me fait signe de regarder. La compagnie juste à côté va aussi à Porto-Vecchio, par un autre itinéraire… notre Mare a Mare!

11h20 Tout s’arrange à peu près. On va prendre l’autre bus, qui nous arrêtera à la fin de la première étape (l’Ospedale). On a pu se faire rembourser les billets pour en racheter aux concurrents… Merci monsieur du bus, super sympa! Et tant pis pour la première étape ratée… Allez, plus qu’à aller passer le temps dans Ajaccio. Bus à 15h30.

Errance avec nos gros sacs! Premiers canistrellis, visite, pique-nique sur la plage.

14h17 Installés à la terrasse d’un café où j’ai bu un Coca authentique servi dans un verre Corsica-Cola : j’ai explosé Olive au Yam (387 à 252 😉 )

Allez retour à la gare maritime. Et embarquement dans notre petit minibus. Nous sommes trois passagers!

 Notre rando commence le lundi soir sous un ciel gris, au bord d’une route déserte…

17h45 Après avoir arpenté les routes de montagne, traversé l’impressionnant et désolant massif d’Aullène (ravagé par des flammes de toute une semaine en 2009), fait une pause à Quenza (notre bon chauffeur a des potes dans tous les patelins! 😀 ) : nous voilà largués sur le bord de la route déserte au départ d’un sentier qui s’enfonce dans la forêt, à la fin du jour, dans l’ambiance angoissante de cette journée humide et grise qui n’a pas bien commencé nos vacances. Nous sommes à l’Ospedale, il y a des chiens errants malades qui se trainent sur la route, d’autres qui hurlent depuis la forêt. On a bredouillé au chauffeur qu’on allait rejoindre le gîte pour dormir. Même pas vrai on comptait bivouaquer… J’ai pas le moral, j’ai la trouille. Olive….? On va dormir au gîte….? Oui! Ouf!! Allez, le panneau du parc régional indique 30min de marche. On s’enfonce dans la forêt!

19h20 Installés au gîte « Le Refuge ». On rencontre un randonneur solo super sympa qui partage le dortoir avec nous. Avant de manger j’écris dans mon petit carnet que j’espère une meilleure météo pour le lendemain : cette atmosphère m’angoisse, je ne m’attendais pas à ça en arrivant en Corse!

21h30 Au lit! Après un excellent repas (charcuterie corse, lasagnes que je n’oublierai jamais, délicieux dessert au bruccio et fleur d’oranger(?)) arrosé d’un vin Corse (trop terreux pour moi mais quand même très bon!) et partagé avec le monsieur alsacien de la chambre, un couple de La Garde et deux jeunes Bruxellois qui arrivent à la nuit en vélo. La liqueur de cerise n’était pas mal non plus 😉

Jour 2, le 5 octobre – Brume

Oups! 8h12 je me réveille en sursaut, tous les voisins de dortoir ont leurs sacs emballés, nous on dort encore!! Olive debout!! Pti déj à 8h30. Vite!! 😉

9h50 Les sacs sont remballés, on est les derniers hihi! GO! (10h s’avèrera être notre heure moyenne de décoinçage quotidien 😉

5082916337_a48a029f05_oUne première petite grimpette depuis le gîte, juste à temps pour profiter de la vue sur la baie de Porto-Vecchio, qu’un nuage impressionnant est en train de recouvrir à toute vitesse. Ah!! Que c’est bon d’y être enfin pour de bon. Toute une journée de marche devant nous. Et oubliée l’angoisse de la veille après avoir bien dormi et vu des gens 🙂 Quelques photos, puis on s’enfonce dans la forêt de pins maritimes en tournant le dos à la mer de la côte est…

11h40 Après le Col de la Mela, une première pause pipi et grignotage au milieu d’une forêt humide et toute embrumée qui nous abrite d’un vent très fort. Tiens, un premier gros rocher rond comme on en croisera beaucoup. Les fougères couleurs automne et le houx dominent la végétation que quelques rayons de soleil perçant par-ci par-là nous éclairent pour de jolies photos. Pas d’attaque de cochon sauvage pour l’instant 😉 Mais de nombreux « boutis » (la terre retournée) nous rappellent qu’ils rodent dans le coin (et qu’ils ont faiiiiiim)!

Nous continuons notre progression sur la moquette moelleuse des épines de pin rousses. Le soleil est de retour et le décor a changé : à la place des fougères, d’énormes pierres toutes rondes au pied desquelles le sentier à la marque orange se faufile…

14h45 Premiers maquereaux en conserve avalés, c’est reparti! En chemin on croise le couple de tout à l’heure, qui a pu boire sa petite bière à Carbini, ainsi qu’un couple d’anglophones faisant le Mare a Mare dans l’autre sens.

15h30 Café du Centre, Carbini. Petite pause café en musique (corse 😉 ) dans un petit village tout mignon fier de son église au clocher détaché. Un petit chat très affectueux saute sur mes genoux à peine assise, puis va faire une sieste calé sur nos sacs.

16h10 Nous laissons Carbini derrière nous après une séance photo autour et à l’intérieur de la belle église et du campanile. Levie devant!

Descente le long du muret en pierres recouvert de mousse, présent sur une bonne partie du Mare a Mare. Le sentier est très étroit par endroits, on sent qu’il est creusé par l’eau.

17h25 La rivière Fiumicicoli marque la fin de la descente… et le début de la montée sur l’autre versant. Première douloureuse ascension…!
Hum hum.. mais où va-t-on pouvoir planter la tente…?!!

18h35 Réponse : sur un petit terrain « un peu penché » au-dessus du sentier 😀 Quelques habitations isolées nous indiquent que Levie n’est pas loin. Il est donc temps de nous installer en nous contentant de l’endroit! On est tout content de notre premier campement! On entend une rivière! (ruisseau Salvatica)

19h55 Un bon petit repas saupiquet – saucisson. On pend les poubelles et les restes à une branche à quelques mètres (en bons Robinson que nous sommes déjà :D)

21h30 Extinction des feux. Je mets des bouts de kleenex dans mes oreilles pour arrêter d’entendre tous les bruits suspects autour de la tente 😀

Jour 2, 6 octobre – de Levie à Serra di Scopamène

La première partie du trajet est un vrai bonheur. La marche est douce et le décor original et superbe : le Pianu de Levie abrite des sites de vestiges archéologiques, qui se visitent (nous, on n’a pas le temps ! ), et orne le chemin de nombreux blocs de granit énormes, à l’ombre des chênes.

Un magnifique taurillon (mot appris pendant notre séjour) nous laisse faire quelques photos de lui parmi les fougères, avant d’entamer une descente très éprouvante vers la rivière St Antoine sur un sol instable fait de cailloux et de sable.

12h40 Les épaules qui tirent, le dos en vrac, je ne résiste pas à un bain dans ce que je crois être la rivière St Antoine (en fait le ruisseau de Pian). L’eau est vraiment gelée, mais que c’est booon! En même temps je fais la lessive de fringues et ma toilette à moi hihi! (sans scrupule grâce à notre super savon non polluant Décathlon 😉
Allez on mange là. Ah oui: que de mouches!!!!

14h05 C’est reparti!

Pour la digestion une bonne montée assez raide à l’ombre des chênes, nous amène en lisière du parc à cerfs, créé en 1986 pour leur réintroduction. J’espérais en voir ou en entendre, mais ça n’a pas été le cas!

Pas de cerfs, mais cette portion très ensoleillée nous offre plein de petits lézards qui déguerpissent sous nos pas.

A une vingtaine de minutes de Quenza, je me régale de traverser une ferme agricole!! 🙂 Les très jolies vues sur les fameuses aiguilles de Bavella en arrière-plan nous offrent un cadre parfait pour de nombreuses photos 😉

15h30 Quenza est visible au loin. Une horrible odeur de purin : ah non, ce sont des cochons dans un enclos! Aux abords du village, des maisons cachées derrière des vergers, des potagers. Un monsieur lave son tracteur…

15h40 Bien contents d’arriver enfin à Quenza, se poser pour un café dans le « Bar à p(â)tes » à l’entrée du village. L’endroit n’est pas super net (il y a un poil sous ma tasse et le café a un goût de moisi :D), mais l’accueil est super chaleureux : on nous sert gracieusement des morceaux de gaufre avec de la chantilly, et on nous permet de recharger la batterie de l’appareil photo. Attablés derrière nous, un groupe de jeunes qui reviennent d’une étape du GR20, avec qui on discute un peu.

16h25 Il est temps de décoincer, Serra, la prochaine étape, est encore à 3h de marche. Au début du sentier, un groupe d’hommes travaillant sur le mur d’un terrain privé nous interpellent : « Hé prenez-nous en photos, vous pourrez dire que vous avez vu des corses travailler! » 😀

C’est une longue montée coriace sur un chemin de pierres, sous les chênes, qui engage la route vers Jallicu…

Nous ne tardons pas à comprendre qu’il faudra composer avec les mouches… Aaahhh!!! Ces mouches….

La végétation se raréfie sur la fin, et nous découvre un panorama tout en contrastes à cette heure de la journée.

A 18h00 nous sommes arrivés sur le plateau de Jallicu, dont j’ai des souvenirs teintés de orange : maquis et fougères couleurs automne sont notre nouveau décor pour quelques kilomètres à venir.
Nous laissons les mouches derrière nous lorsque nous dépassons la ferme de Pierrot, ce vieux bonhomme que nous croisons dans son 4×4, qui nous prévient que la route est encore longue jusqu’à Serra.
Coups de feu aux alentours : je sors mon gilet jaune!

18h45 Il était temps avant la tombée de la nuit de trouver un coin pour bivouaquer. Nous sommes un peu avant la Rivière de Codi. Cette fois le terrain est plane, mais des chiens très excités aboient pas très loin : nous avons des voisins chasseurs sur la colline d’en face! En les entendant s’énerver après leurs chiens, nous décidons de rester TRES discrets!! Ce soir le repas se fait dans la pénombre, et l’installation pour dormir sans la torche!

20h30 Dodo! Pour partir très tôt demain matin! (Je ne suis vraiment pas tranquiiiiiille…!!!!)

Jour 3, le 7 octobre – De Serra di Scopamène à Sainte-Lucie

En cette deuxième nuit de bivouac, je rêve que je porte un bouc et une moustache 😀 C’est sûr, il y a un processus de dé-civilisation entamé en moi!! 😀

6h50 Réveil et pti déj rapide sous les aboiements des chiens. (Rappel : notre tente est plantée en face d’une maison de chasseurs!)

8h05 Le camp est levé, tout est déjà rangé. Un petit brin de toilette à la rivière en contre-bas avant d’entamer cette nouvelle journée de marche. La plus longue!!

8h25 Que c’est beau à cette heure de la journée! Les couleurs dorées nous régalent les yeux, de même que le panorama, et toujours les aiguilles de Bavella qui se détachent de l’horizon.

La marche est assez longue, nous pensions être plus près de Serra di Scopamène. Mais le paysage est superbe.

Vers la fin de la matinée nous approchons enfin de Serra, l’un des villages que nous avons préférés. Un rallye historique nous accueille!

Une dame peste contre eux, en ces jours de pénurie de carburant! Nous lui demandons la direction d’un café, elle nous offre de revenir le boire chez elle si c’est fermé. Mais, le petit café accolé à la mairie et l’épicerie est bien ouvert.

10h50 Nous pouvons nous affaler, apprécier nos allongés et envoyer un texto « au continent ». Avec le retard accumulé et la fatigue, on réfléchit aussi à faire du stop sur quelques kilomètres. Mais nous décidons de tenir bon! Et de rallier Sainte-Lucie au soir pour dormir au gîte.

11h35 Après quelques courses pour le repas du midi, c’est reparti! (il est temps…!!)

Passé le Col de Tavara, nous suivons un sentier étroit longé par un ravin.
C’est encore un nouveau décor que nous offre le parcours.
Notre cadence est toujours soutenue, motivée par l’idée que ce soir nous dormirons au gîte de Sainte-Lucie, où nous avons réservé deux places.

Presque plus d’eau!! Et la route semble encore longue…

C’est peut-être sur cette portion que nous réalisons le mieux qu’il y a du challenge sportif dans notre séjour! 🙂

Mais toujours les superbes paysages, le plaisir de les découvrir, d’être en pleine nature nous le font oublier.

Un ruisseau nous permet de rafraîchir casquette et bandana : là, on est des vrais Robinson 😉

Arrivés à un impressionnant pierrier surplombant le village de Zonza, le drame : plus de batterie dans mon appareil photos!!! Il prend donc les dernières puis manquera la suite :

18h L’arrivée, enfin !! au petit village d’Altagène, à 1/2h de Sainte-Lucie. Les deux petits papys qui nous indiquent l’eau « bien fraîîîîîîîîche des lavoirs »

18h30 La traversée du hameau de St-André, ponctuée par une discussion avec un gentil pépé qui connaît bien Toulon et s’étonne de nous voir encore sur les chemins à cette heure-ci 😉 Et enfin, l’arrivée à destination, sous les 19 coups du clocher de la belle Santa-Lucia di Tallano. Au gîte (grand, et qui sent un peu la maison de retraite :D), nous retrouvons le couple de Cartalavone, Michel et Anne-Marie, avec qui, après deux jours de salades Saupiquet et maquereaux en conserve, nous partageons une salade du jardin craquante et parfumée, des lasagnes au bruccio et épinards, et un flan aux châtaignes arrosés de vin Corse.
21h50 Au lit (ouhou on a veillé tard ce soir!! :-p), PROPRES et bien repus!!! 😀

Jour 4, le 8 octobre – de Sainte-Lucie à Burgo

Une bonne nuit au gîte de Sainte-Lucie bien méritée après une journée éprouvante et c’en est une nouvelle qui commence.
7h00 Le réveil nous trouve moins cassés qu’en bivouac! 😀 Le matelas nous a paru bien moelleux et le sol bien droit 😀
9h05 Le pti déj dont je me rappellerai la bonne confiture sur le quatre-quart bien moelleux lui aussi est avalé, les sacs sont bouclés : prêts à aller boire notre traditionnel café en village avant de reprendre la route.
Emplettes, remplissage des gourdes à la fontaine, pommade anti-ampoules sur nos pieds qui commencent à se faire sentir…10h10 … Et c’est parti!
Le village restera en vue encore un petit moment avant que nous retournions sous les arbres…
Terre, pierre, chênes, constituent le décor d’une nouvelle descente assez rude.
Portion très distrayante : ce jour-là une course de trial fait débouler une dizaine de motos devant nous, et un chantier EDF immense est installé sur le parcours.Parmi les oliviers la chapelle St Jean du XIIème siècle est une autre curiosité.
Enfin, pas loin d’une rivière c’est un troupeau de vaches sauvages en train de paître qui ralentit notre marche (pas trop parce que… elles commencent à nous regarder de travers……. 😀 )
A 11h45, de nouveau au-dessus du Rizzanese, le chemin se transforme en un joli pont : le Pont de Piombatu.

On dirait l’Ontario c’est beau!!!

Nous sommes à 120 mètres d’altitude. Devant nous, 600 à remonter… 😉
A midi nous attaquons cette nouvelle portion difficile du parcours. La pente n’est pas très raide mais le chemin très inégal.
Le sentier traverse des terrains privés. Il y a des petits portails tous rafistolés à ouvrir puis à fermer derrière nous, pour le bétail. Chênes, figuiers, ronces nous font de l’ombre. 12h45 Nous atteignons les premières maisons de Loreto. Le sentier continue à l’opposé du village. Nous n’avons pas le temps de faire le détour, alors, droit devant!
Après quelques centaines de mètres de plat à Loreto, la grimpette continue!

Nous longeons la ferme de Maddanella. Sur l’immense terrain en paliers derrière la maison, nous marchons parmi quelques moutons.

Le sol est noir, tapissé de feuilles, des pierres couvertes de mousse en sortent ça et là, et ça grimpe!!!13h25 Passée cette épreuve nous avons bien mérité une pause pour manger. L’arbre au-dessus de nous est assez bizarre : une de ses branches a l’air d’un arbre!
Après avoir repris des forces, nous attaquons une nouvelle montée difficile, sous les chênes.
A partir de cette portion, ce ne sont plus les aiguilles de Bavella qui seront notre horizon mais la mer. A l’heure où nous approchons de Fozanno, la lumière est superbe, de gros nuages la filtrent au-dessus de la surface, c’est très beau! Traversée du maquis et bravade de troupeau de moutons sont les derniers obstacles à franchir avant d’atteindre le village réputé pour la Tour et le tombeau de Colomba, héros de Mérimée.
Vers 18h00, changement de décor : des villas luxueuses avec vue sur la baie de Propriano marquent l’entrée du village. Des aboiements se déclenchent alors que nous passons devant l’une d’elles, puis se rapprochent dangereusement…! Décidément, entre les moutons et les chiens c’est maintenant que nous courrons les plus grands dangers! 😀
Je sors donc mon bâton 😀 et me planque derrière Olive qui parle aux chiens comme à ses potes! Ils se calment et même nous collent aux basques pendant 10 bonnes minutes. C’est donc escortés par des molosses (oui oui, des molosses :D) que nous descendons vers le cœur de Fozzano.
Traditionnel remplissage des gourdes à la fontaine, mais rien d’ouvert pour boire la Pietra qui a motivé notre cadence ces derniers kilomètres 🙁 De toutes façons il commence à être un peu tard, il ne faut pas traîner. Pas de temps pour la visite du village et de ses curiosités : une photo en zoom maxi du tombeau de Colomba, et pour ce qui est de la tour, clic clac une photo vite fait en passant devant par hasard!
18h20 A la sortie du village un petit Papy qui admire le ciel orange sur la baie de Propriano nous dit : « J’ai 80 ans et j’ai toujours vécu ici. Ce paysage je le vois tous les jours, mais je le trouverai toujours aussi beau ».
Et là, attention. C’est ici que notre petite rando innocente se transforme en course d’extrême! Le soleil est en train de décliner, le sentier dévale une pente raide sur de la terre sablonneuse et des cailloux, nous sommes encerclés de propriétés privés et nous avons une tente à planter!!! 😀
C’est en accéléré que l’on profite du magnifique coucher de soleil au loin, que l’on prend des photos (floues, la plupart! :D), que l’on jauge les petits bouts de terrains pour le camp.
19h00 Finalement, derrière des broussailles Olive nous dégote un beau petit coin. Bon, un peu penché et un peu sauvage (il nous faut aplatir un peu brutalement une plante avant de pouvoir s’imaginer dormir là :D), mais bien caché et assez vaste. Pas de crotte fraîche en vue, parfait!! (Par contre, me dis-je dans ma petite tête, ce décor se prête bien à la présence de serpents… Je guette 😉 )
Installation (monter la tente, trop facile pour nous maintenant!), toilette au gant.
20h05 Sur un petit rocher-canapé, sous les nombreuses étoiles, à la lumière tamisée de notre petite lanterne Décathlon nous dégustons nos derniers maquereaux à l’huile!
Nous sommes maintenant hors du Parc Régional et nous ne sommes donc plus des hors-la-loi, plus besoin de chuchoter. 21h30 Au lit. C’est notre dernière nuit de bivouac, déjà! 🙁 Mais… pas la plus sereine! Un gros vent s’est levé, la tente est fouettée constamment, et cernée de bruits bizarres!! Plus, deux coups de feu sont tirés dans la colline d’en face!! Deux minutes après, la tente est recouverte de mon super gilet jaune fluo! 😀 Tout me fait peur et dans le noir j’ai les yeux paniqués qui font du ping pong entre toutes les directions où j’entends des bruits suspects! Olive ne sait plus quoi faire pour me rassurer, il sent mon stress et il n’arrive pas à dormir! 😀 Finalement je mets des bouts de kleenex dans les oreilles, et dodo, à peu près 😉

Jour 5, le 9 octobre – de Burgo à Propriano

C’est moins agréable de marcher sur le goudron 🙁

Nous avons l’idée de faire du stop, mais les grosses voitures (trucks canadiens 😉 passent vraiment très vite, et notre pouce est timide 😀
Plus, nous avons déjà manqué la première journée de marche, c’est le dernier effort avant le but ultime, et puis, autour de nous c’est assez joli et calme. Donc, on avance!

Les bas-côtés de la route sont jonchés de cartouches et les panneaux « Attention bétail » sont criblés de balles!En chemin nous passons devant une ferme avec un grand panneau « Vente de produits de la ferme ». Olive sait que je ne pourrai pas résister 🙂
On pose donc les sacs puis je monte vers les habitations pour aller me renseigner.
Les gens, un couple âgé et leur fille et petite-fille, m’offrent un verre d’eau, me proposent de m’asseoir un moment:) Je leur raconte notre aventure et j’achète de la bonne huile d’olive fabriquée avec les oliviers derrière la maison!

Entre temps Olive a fait la rencontre d’un couple de jeunes qui fait le Mare a Mare aussi, que nous avons déjà entrevu à Sainte-Lucie. Elle est enceinte de 5 mois! On discute un peu avec eux. Avant de repartir, la fille de la ferme nous interpelle et nous propose de revenir lui demander de nous amener à Ajaccio si les bus ne partent pas de Propriano (il y a pénurie de carburant 🙂

A 12h30 nous arrivons à Propriano, les jambes vraiment lourdes!

Vers 18h00 nous arrivons à Ajaccio. Je ressens plein de sentiments mêlés : fatigue, fierté, déception que ce soit déjà fini, certitude que je suis très sale!

Le bateau pour Toulon est à 23h45, nous avons la soirée devant nous. Un rendez-vous est pris entre Patrick, Anne-Marie, Michel et nous, pour manger ensemble et terminer cette belle aventure sur une note conviviale!

Shopping dans la rue Feshe, une autre Pietra à une terrasse. Olive m’offre un joli petit bracelet : aujourd’hui nous fêtons nos 1 an! Quel contexte idéal! 🙂

Aux menus du repas, soupe de poissons, sanglier, encornets à la corse, mousse de châtaigne… et vin Patrimonio.

23h30 Embarquement… Dans mon petit carnet je fais un petit smiley déçu en déclarant la fin de l’aventure, et juste après un autre très joyeux qui dans un clin d’œil exprime pour conclure, combien ces vacances étaient géniales 🙂

Parcours

Distance totale: 70.6 km
Altitude maximum: 1251 m
Altitude minimum: 1 m
Denivelé total positif : 5058 m
Denivelé total négatif: -5955 m
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1 pensée sur “Corse, Mare a Mare sud, Octobre 2010”

  1. Un superbe récit.
    J’avais l’impression d’y être, à vos côtés!
    Ca donne envie de faire.
    Joli Parcours! Merci au reporter de Montigny le Bretonneux

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