Gérer ses besoins quotidiens dans la nature

Une des questions et inquiétudes les plus fréquentes pour le randonneur amateur, est bien celle de gérer ses besoins. Sujet souvent tabou, parfois amusant, mais qui par manque d’explications claires, conduit trop fréquemment à des comportements inadéquats, polluants, et loin d’être hygiéniques. Tentons à notre niveau de désamorcer ce moment essentiel de la journée de chacun, avec humour et en conscience.

Quand faut y aller, faut y aller !

Une des premières règles dont il faut tenir compte, a déjà été évoquée lors de mon article sur le Leave no Trace. Il s’agit de préparer et anticiper son trajet. C’est tout simple, mais si l’on attend de ne plus pouvoir se retenir, on va se mettre dans une position très inconfortable et dans l’urgence. On risque d’être vu ou entendu par un marcheur alentour, on ne va pas prendre le temps de s’éloigner des 50 mètres minimum à établir entre son lieu de soulagement et le sentier, le camp, ou la rivière la plus proche. En préparant et en anticipant son moment, on dispose du temps nécessaire pour évaluer le sentier devant nous, trouver un lieu isolé du regard et suffisamment éloigné des zones de passage. En randonnée, on prend le temps de vivre, ce serait dommage de se retrouver dans l’inconfort et devoir se précipiter !

Dans ton trou tu feras

Une fois que l’on a trouvé son coin, loin du chemin, de la vue et de l’eau, la seule bonne manière de faire est de creuser un trou, entre quinze et vingt centimètres de profondeur. On utilise pour cela une pelle à caca. Des modèles ultra simples et légers sont faciles à trouver, d’autres un peu plus étoffés peuvent satisfaire les plus exigeants. La technique du trou de chat reproduit la méthode féline pour enterrer ses excréments et le papier, que l’on recouvre de terre. Les délais de décomposition sont bien plus long qu’on ne croit. Les animaux ont souvent tendance à fouiner, creuser, et déterrer le précieux trésor, permettant au papier de voler de buisson en buisson… Et c’est comme cela qu’on retrouve un GR20 parsemé de papier toilette… Plus le trou est profond, plus le contenu est sécurisé et pourra se décomposer tranquillement. Attention, on ne recouvre pas son butin par des cailloux. Celui qui a la mauvaise idée de camoufler son dépôt par des cailloux oublie bien vite qu’un autre aura la mauvaise surprise en récupérant ces cailloux pour recouvrir le sien !

Pack it out !

Ce terme anglais barbare nous rappelle le troisième principe du Leave no Trace, qui nous incite à conserver nos déchets non organiques (le papier dans ce cas précis) avec nous une fois notre affaire finie. Certains doivent déjà être en train de courir vers leur toilettes pris de nausées ! Pourtant, ce précepte est bien plus facile à apprivoiser et à pratiquer qu’on ne peut le croire. Après quelques séances, il devient vite naturel d’entourer ses feuilles de papier usagé par quelques feuilles propres, mettre tout ça dans un ziploc réservé à cet usage, et le vider une fois arrivé dans un village, dans une poubelle tout ce qu’il y a de plus urbaine. Au fil du temps, cette pratique est devenue des plus naturelles pour moi, et je m’autorise même à utiliser des lingettes adaptées, puisque je ne les laisse pas dans la nature.

En conclusion

Au final, les règles sont assez simples. Il suffit de mettre de côté les tabous et la honte qui peuvent graviter autour de cette activité tellement naturelle que de faire ses besoins. Tout le monde doit se soulager, souvent plusieurs fois par jour. Imaginez un sentier populaire, avec tous ces marcheurs, le terrain miné que cela devient ! Sur le site de la PCTA, on estime le cumul de soulagement des thru-hikers sur une saison à 300000 ! Suivons donc plutôt ces quelques règles, pour que chacun puisse profiter au maximum de la nature, et de l’aventure qu’est la randonnée…

  • Planifier son trajet et anticiper le moment critique
  • Respecter les 50 mètres de distance avec le sentier, les zones de bivouac, et les points d’eau
  • Disposer d’un outil de creusage pour réaliser un trou de chat de quinze à vingt centimètres minimum
  • refermer le trou avec de la terre, pas de cailloux.
  • Dans l’idéal, emporter son papier usagé pour le jeter de retour dans la civilisation

4 réflexions sur « Gérer ses besoins quotidiens dans la nature »

  1. I see you have started your post with a photo of the toilet at Crabtree Meadow just below Mt Whitney. I’ll remember that toilet forever. Such a beautiful place to sit on a frosty morning, and no cat-hole that day. ?

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