Randonnée de St Martin-Vésubie à la Vallée des Merveilles

Ce gros week-end de l’ascension était une trop belle occasion, à ne surtout pas manquer ! En route donc pour Saint-Martin-Vésubie, point de départ de cette boucle de 50km, planifiée sur trois jours. Il est prévu de rejoindre le refuge des merveilles, puis remonter la vallée du même nom sur la Baisse de la Valmasque, puis grimper la Baisse du Basto, avant de filer vers le refuge de Nice, au pied du Gélas. Vient alors la Madone de Fenèstre, et le retour sur Saint-Martin-Vésubie.

De Saint-Martin-Vésubie à Saint-Grat

Arrivé tôt, je pars quand il fait encore frais. Je suis bien inspiré car ils annoncent des records de température ce week-end ! Dès que je quitte le village, je remonte un sentier qui a servi pour un trail. Tous les cent mètres de mon ascension en direction de la cime de la Palu, un petit panneau m’encourage…  +500, +600, etc… Arrivé aux 1000m d’ascension depuis le départ, c’est le panneau d’arrivée de ce trail.

Arrivée du chemin de Trail

Pffffffffff moi je continue !  On est pas encore à la cime. C’est là qu’un jeune trailer arrive, dans son effort, en courant et en chantant à la Steevie Wonder, et me dépasse pendant ma petite pause snack. Tellement dans son effort, il ne m’a pas vu à côté du chemin. A son retour du sommet, il s’arrête pour discuter un peu. Moment de partage de deux pratiquants de la nature qui semblent si différents et pourtant très proches… Nous sommes chacun épaté par l’accomplissement de l’autre. Lui l’ascension en courant, moi avec un sac de 20kg sur le dos… Mais tous les deux nous régalons de cette montagne ! Il repart vers le village et moi vers le sommet qui n’est plus loin.

Le village de Venanson

Arrivé à la cime de la Palu, Le spectacle est grandiose ! Derrière tout le massif de l’Argentera, du Gélas, du Clapier se découvre devant moi subitement.

Massif de l’Argentera au Gelas

Je me rends compte qu’il y a pas mal de neige encore à 2500m, et j’ai bien fait d’emporter le matériel. Je mange un bout sur les crêtes menant à la Baisse de Férisson, qui n’est qu’à deux heures de marche de la Madone de Fenèstre en coupant par le nord…

Baisse de Férisson

Les nuages s’installent et le sentier devient brumeux. A l’approche de la cime de la Valette de Prals, les premiers névés apparaissent. Avec cette brume et le silence, le lieu est lugubre. Au sommet, un chamois me tourne autour. Tantôt devant, tantôt derrière. J’arrive à l’immortaliser de justesse.

Cime de la Valette de Prals, et un chamoix dans la brume

Commence ensuite une longue descente dans les névés et la brume, en direction du hameau de Saint-Grat, dans la vallée de la Gordolasque.

Descente de la Cime de la Valette de Prals

La descente est vraiment longue, je perds beaucoup d’altitude que je devrai reprendre demain ! Arrivé en bas, je continue vingt minutes sur la petite route avant d’arriver à la bordure du parc du Mercantour. Je plante la tente au bord de la rivière. Un groupe de bouquetins vient me tenir compagnie avant mon dîner et une nuit réparatrice.

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De Saint-Grat au refuge de Nice

Réveil dans l’humidité. La tente est trempée et le sac de couchage bien humide aussi. Heureusement, le sol est quant à lui resté sec.

Bivouac au bord de la Gordolasque

Après un petit déjeuner revigorant, me voici parti à l’assaut du Pas de l’Arpette, qui va me permettre de rentrer dans la Vallée des Merveilles. La première partie est assez raide, avec un sentier forestier composé de grosses marches en pierres. Ce sentier remonte le long d’un aqueduc alimentant une petite centrale plus bas au hameau.

Le sentier remonte l’aqueduc

En chemin, je croise plusieurs groupes de bouquetins (je ne me souvenais pas en avoir vu autant cumulés !). Passés les 2000m, les névés sont de retour, de plus en plus gros. J’utilise mon équipement pour la première fois de cette randonnée.

Apparition de la neige dans l’ascension du Pas de l’Arpette

Les raquettes tout d’abord, mais pas longtemps, car le sentier est vite trop abrupte. Je passe donc aux micro-spikes, qui vont faire mon bonheur ces deux jours. (J’aurais du partir sur le PCT avec ceux-là plutôt que les gros crampons surdimensionnés).

Approche du Pas de l’Arpette

Après cette session de neige, encore assez dure et praticable, j’arrive sur le Pas de l’Arpette, très blanc.

Passage du Pas de l’Arpette

Je redescends dans la vallée et fais une halte pour ma pause déjeuner à l’intersection du GR52, qui vient du refuge des merveilles. Je profite de ce moment ensoleillé pour faire sécher tente et sac de couchage.

Descente vers la Vallée des Merveilles

A nouveau en marche, je remonte la Vallée des Merveilles, et je parviens à trouver quelques roches gravées (depuis le sentier !). La neige refait son apparition à l’approche de la Baisse de la Valmasque, et vu l’heure, l’équipement est inutile, c’est de la soupe. La progression est donc laborieuse et lente. De plus en plus dans la neige, je parviens à la Baisse, que je n’avais jamais vu sous ces teintes les deux fois où je l’avais franchie lors de randonnées précédentes.

Passage de la Baisse de la Valmasque, vue sur le lac du Basto
Passage de la Baisse de la Valmasque, vue sur la Vallée des Merveilles

La descente est assez courte, car le GR bifurque rapidement à gauche pour remonter la Baisse du Basto. Encore plus enneigée et à multiples paliers, cette ascension est encore plus longue et fastidieuse, mais c’est superbe ! A mi-chemin, je croise un petit chamois tranquillement installé dans la neige.

Jeune chamois au repos dans l’ascension de la Baisse du Basto

Je fais une pause snack et j’en profite pour prendre quelques photos. C’est alors que l’intrépide animal vient me tourner autour, faisant son curieux. Il s’approchera doucement à moins de trois mètres de moi, avant que je ne me décide à repartir en direction de la Baisse.

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Au bout d’un moment à progresser dans la neige, je parviens enfin sur le point culminant. La descente est assez raide par paliers, et vu la souplesse de la neige, je décide de redescendre en glissades sur les fesses. Ça mouille, ça fait froid, mais c’est drôlement marrant !

Descente en luge sans luge de la Baisse du Basto

Manque de bol, je ne me rends pas compte que mon pantalon se relève à la jambe droite, exposant mon mollet. Il va rapper dans la neige et je vais y perdre un beau bout de peau, la chair à vif. Sur le moment, je ne sens rien, je ne le remarque même pas, anesthésié par le froid. Je ne le verrai que dans la tente, bien plus tard, au moment de me changer. Après plusieurs jours, et malgré un traitement, je dois dire que c’est particulièrement douloureux !

Je descends dans la neige encore une bonne heure, avant de rejoindre le refuge de Nice, encore fermé à cette date. J’installe ma tente sous le porche, à l’abri du vent et de l’humidité, et vais prendre mon diner sur la terrasse, avant de me changer et m’emmitoufler dans mon sac de couchage pour la nuit.

Bivouac sous le porche du refuge de Nice encore fermé
Diner en solo sur la terrasse du refuge de Nice encore fermé

A 22h, un couple de randonneurs débarque du Mont Clapier, un peu en panique, sans tente. Ils finiront par trouver un moyen de dormir dans l’autre refuge à côté.

Du refuge de Nice à Saint-Martin-Vésubie

J’ai particulièrement bien dormi, et la tente est totalement sèche. Je prends mon petit déjeuner, et un randonneur arrive déjà depuis la Gordolasque. Il a été matinal ! Je salue le couple qui part lorsque je range mon paquetage. A nouveau en piste, je longe le lac de la Fous, et je bifurque à droite pour remonter en direction du Pas du Mont Colomb. Ce col est en deux paliers, dominé par le Caire du Mont Colomb, impressionnant. Le premier n’a pas de neige, mais il est très raide.

Début de l’ascension du Pas du Mont Collomb

Heureusement qu’il est encore assez tôt, et que la température reste clémente, car c’est éprouvant ! Passé ce premier palier, la neige est là. C’est toujours aussi raide, et alterne éboulis et névés. Je vois tout en haut du dernier névé le couple que j’avais rencontré, en train de franchir la passe. Je les observe le temps de manger une barre snack, afin de voir si ça passe, et je me mets à l’attaque.

Ascension finale du Pas du Mont Collomb

Je lutte et j’arrive à la bordure du dernier névé. Je chausse donc les micro-spikes. La neige est encore dure, ils agrippent parfaitement. Cette dernière ascension est vraiment stressante et demande pas mal d’énergie, mais s’avère finalement assez aisée techniquement avec une telle adhérence. Sans soucis, je parviens au terme de cette ascension, sur une petite crête rocheuse. Je savoure l’instant avec un snack relax, et je commence la descente. C’est très enneigé, mais pas trop pentu. Le chemin est long dans cette descente, mais la neige encore bien dure est agréable avec les micro-spikes.

Passage du Pas du Mont Collomb

J’arrive finalement à la limite de neige, qui laisse sa place à un interminable champ d’éboulis. C’est épuisant pour les chevilles.

Descente vers la Madone de Fenestre

J’arrive à la Madone de Fenestre à midi, et j’y fais ma pause déjeuner.

Approche de la Madone de Fenestre
Pause déjeuner à la Madone de Fenestre

Le plan était ensuite de remonter au nord pour faire le Pas de Ladres, virer sur le refuge de la Cougourde et le Boreon, avant de redescendre sur Saint-Martin-Vésubie. Trop fatigué, je décide de renoncer, et de rentrer directement sur le village. Je choisis quand même de rentrer par des chemins à flanc de colline. Très mauvaise idée. Les cartes de cette piste de sont pas du tout à jour, et je vais tourner en rond plus d’une heure, en montant, en descendant, avant de revenir en arrière et redescendre par la route. Une fois arrivé au village, une bonne bière sur la place, avant de rentrer. Quelle belle randonnée ! Dure, mais superbe !

Le parcours

Distance totale: 52.42 km
Altitude maximum: 2686 m
Altitude minimum: 982 m
Denivelé total positif : 4226 m
Denivelé total négatif: -4226 m
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1 pensée sur “Randonnée de St Martin-Vésubie à la Vallée des Merveilles”

  1. Bonjour Olivier et bravo !!! Je suis toujours impressionnée par tes comptes rendus, tant par la folie de tes randos que par les superbes images et là les vidéos qui me donnent envie de reprendre la marche…. Je n’ai pas ta volonté ni ton courage pour l’instant mais qui sait…
    En tout cas merci encore et des bisettes
    Sophie

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