GR70 – Ressenti et chiffres

Le GR70 (chemin de Stevenson) a été une très belle expérience de marche. D’abord dans des tons agricoles, le chemin deviendra progressivement forestier et plus accidenté. Les forêts elles-mêmes évoluent, au fil des reliefs, révélant de nouveaux parfums et de nouvelles couleurs.

Ce que j’ai aimé sur le GR70

La diversité des étapes est un des éléments les plus agréables de ce GR. De terres plates et agricoles, aux senteurs de vaches et de fermes, dans le Velay, la géographie se transforme dans la Lozère qui devient plus forestière. Passé le Mont Lozère, le dépaysement est plus prononcé, le terrain devenant beaucoup plus accidenté, et la forêt omniprésente, tout comme les châtaignes. Cette évolution progressive du parcours protège le marcheur de toute monotonie entre les étapes, qui ne se ressemblent pas.

Sur les hauteurs de Pont de Montvert
Sur les hauteurs de Pont de Montvert

La météo également, assez changeante, a varié du plein soleil à la pluie intense mêlée de grêle, ou encore à la brume mystique au cœur des forêts. Une seule journée vraiment pluvieuse sur onze jours de marche, en ce début d’automne, fut au final assez confortable.

La brume a envahi les forêts des Cévennes
La brume a envahi les forêts des Cévennes

Le calme, en cette période, m’a permis d’apprécier chaque jour davantage. La faible activité touristique et randonneuse accentuait le dépaysement aussi bien géographique que temporel.

Le chemin chargé d’histoire des camisards, taillé sur crêtes à coup de pioche dans l’ardoise, m’a réellement porté.

Ce que j’ai moins aimé sur le GR70

Le premier reproche me venant à l’esprit sera relatif au bivouac, et la grande difficulté d’exercer ce mode de couchage sur le parcours. Si le chemin suit les pas de Stevenson, qui a bivouaqué une grande partie de son parcours, reproduire exactement le même schéma de nos jours est finalement assez difficile. Dans le Velay, tout espace autour du chemin est clôturé, pour encadrer des bêtes, ou des cultures. Parfois certains espaces sont clairement des réserves de chasse, et beaucoup plus rarement, un champ en jachère, non clôturé, permettra de planter la tente pour la nuit, à l’abri du regard des marcheurs ou autres agriculteurs du coin.

le Mont Lozère est protégé sur son sommet, et la météo, le froid n’ont pas permis d’y dormir chaudement et au sec, sans un toit en dur au dessus de ma tête.

Quant aux Cévennes, le parc stipule que le bivouac (avec réchaud autonome) est autorisé à 200m de la forêt. Les Cévennes étant une immense forêt, et particulièrement accidentées, la recherche d’emplacements plats suffisamment dégagés s’est avérée assez difficile, après une longue journée de marche éprouvante.

Le bivouac, seule réelle difficulté (et déception) du chemin de Stevenson
Le bivouac, seule réelle difficulté (et déception) du chemin de Stevenson

Pour le randonneur en quête d’authenticité du parcours de Stevenson, l’élément bivouac aura donc pu être quelque peu frustrant. J’aurais apprécié quelques espaces réservés à intervalles réguliers, offrant un libre accès au bivouac, tout en gardant un certain encadrement afin d’éviter le camping sauvage, et préserver les lieux.

D’autre part, Il faut bien avouer que de nombreuses sections du parcours empruntent la route ou des chemins goudronnés. Les vrais sentiers de marche sont assez rares, et la majorité des chemins non goudronnés restent de grosses et larges drailles. Une partie de l’esprit du chemin est liée aux drailles de muletiers, mais les trop nombreuses sections goudronnées sont regrettables, pour les pieds et le plaisir de la nature.

Un peu trop de routes sur le chemin de Stevenson
Un peu trop de routes sur le chemin de Stevenson

Mon GR70, Chemin de Stevenson en quelques chiffres

Au-delà des sensations, du plaisir, de l’effort souvent, et de la marche dans sa plus simple expression, mon chemin de Stevenson est aussi composé de mètres, de kilomètres, de jours, et de performance. Quelques chiffres pour mieux visualiser ce parcours.

  • Nombre d’étapes (jours de marche) : 11
  • Kilomètres parcourus : 252 km
  • Dénivelé montant cumulé : 8600 m (estimé)
  • Dénivelé descendant cumulé : 9100 m (estimé)
  • Moyenne de kilométrage par étape : 23 km
  • Étape la plus longue : Pont de Montvert –> Florac (29 km)
  • Étape la plus courte : St-Etienne-Vallée-Française –> St-Jean-du-Gard (12 km)
  • Bivouacs : 4 (les quatre premières étapes)
  • Nombre d’ampoules : 1 (sous le point d’appui du gros orteil droit)
  • Nombre d’entorses et autres fractures : 0
  • Nombre de sangliers rencontrés : 0
  • Nombre d’ânes arpentant le chemin : 0 (hors vacances scolaires)
  • Kilos perdus : 3,5 kg

Liste des étapes réalisées

La vidéo

[vimeo 143723628]

Le tracé du Chemin de Stevenson

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